On le sait, les données s’accumulent à la vitesse de la lumière. La gestion de ces dernières est un sujet permanent : des centaines d’images brutes, couplées à des vidéos finales en très haute définition et à une quantité monstrueuse de documents créent un bazar numérique qu’il ne faut SURTOUT pas jeter… mais qui prend un espace considérable. Pour pallier à cette problématique, des solutions existent !
L’impact environnemental des data centers
À chaque fois que vous prenez une photo, enregistrez un document ou envoyez un e-mail, vous stockez physiquement des données sur des serveurs – de puissants ordinateurs capables de conserver et de gérer des milliards de fichiers. Ces serveurs sont regroupés dans d’immenses centres de stockage appelés data centers. Ils fonctionnent 24h/24 pour garantir l’accès immédiat à vos données… et carburent à l’eau et à l’électricité. Pour éviter tout coup de chaud, ils sont refroidis en permanence, notamment avec de l’eau.
Un data center consomme l’équivalent de 790 baignoires par heure.
On estime qu’un seul établissement de taille moyenne peut utiliser 3,8 millions de litres d’eau par jour (oui oui, à lui seul). Dans son rapport environnemental 2023, Google confie avoir utilisé 28 milliards de litres d’eau (potable) dans l’année, dont les deux tiers dédiés au refroidissement de ses data centers. Rien que ça ! À noter également que ces centres utilisent 2 % de l’électricité mondiale. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et des services en ligne, la demande en ressources pour ces centres ne cesse d’augmenter. Cela soulève des questions cruciales d’impact environnemental, surtout dans un monde où les ressources naturelles deviennent de plus en plus précieuses.
Mais où sont nos données ?
On utilise tous des services en ligne, mais sait-on vraiment où nos fichiers sont stockés ? La réponse se trouve le plus souvent dans les paramètres de nos comptes cloud (Google Drive, Dropbox, iCloud, OneDrive…). Recherchez les sections « Emplacement des données » ou « Région de stockage ». Certaines entreprises indiquent dans quel pays se trouvent leurs serveurs, voire le nom du data center utilisé. Si votre fournisseur actuel n’est pas transparent sur l’origine de ses infrastructures ou que son empreinte carbone est trop élevée, il est peut-être temps de changer…
Les alternatives aux data centers
Les « green » data centers : ici, on parle d’infrastructures qui utilisent des techniques intelligentes pour consommer moins d’énergie, comme le free cooling qui utilise l’air frais extérieur pour refroidir les serveurs. Certains data centers fonctionnent même entièrement à l’énergie renouvelable (éolienne, solaire…) ! Ils sont donc à privilégier pour réduire notre impact environnemental.
Pour bien sélectionner son green data center, il faut évaluer les certifications environnementales : privilégiez les data centers certifiés par des organismes reconnus, tels que ISO 50001 ou HQE. La proximité géographique est également à considérer : opter pour un data center proche de votre lieu d’activité peut réduire la latence et l’empreinte carbone liée au transfert de données.
Le stockage distribué : c’est un peu l’Airbnb du stockage de données. Plutôt que de tout centraliser dans des data centers gigantesques, ces systèmes permettent de stocker les données sur plusieurs serveurs en optimisant leur gestion. Résultat ? 77 % de réduction des émissions de carbone dans l’atmosphère. Point positif du stockage distribué : il est reconnu comme extrêmement sécurisé.
Héberger ses propres fichiers : pour ceux qui souhaitent reprendre le contrôle total de leurs données, investir dans un NAS (serveur personnel) peut être une alternative écologique et sécurisée. Chez Mojo Studio, c’est ce qu’on a fait !
Le Projet ASCEND (advanced Space Cloud for European Net zero emission and Data sovereignty) : Alors là, on part dans l’espace. Oui, vous avez bien lu. L’idée ? Utiliser le froid spatial pour refroidir les serveurs, et l’énergie solaire pour les alimenter. Ce projet mené pour la Commission Européenne est encore en phase de développement, mais qui sait ? Nos contenus seront peut-être un jour stockés en orbite.
Où stocker les contenus qui ne sont pas dans le cloud ?
Pour limiter notre impact sur l’environnement, il existe des solutions faciles et plus rapides à mettre en place.
Les disques durs éco-responsables : fabrication en bambou ou en matériaux recyclés, alimentation électrique à rendement élevé… tous les disques durs ne sont pas égaux. S’ils n’inondent pas (encore ?) le marché, ces disques durs proposent des performances et des prix similaires à leurs concurrents. À garder en tête pour un prochain achat.
Le stockage sur bande magnétique : un retour aux années 80 ? Peut-être bien. Le stockage sur bande est l’une des solutions les plus écologiques pour archiver des données. Idéal pour les données rarement consultées, il consomme très peu d’énergie. Et en plus, sur 5 ans, c’est 3,5 fois moins cher que le stockage sur disque classique. Le vintage, c’est tendance…
Trois bonnes pratiques à mettre en place
Avant de foncer tête baissée dans l’achat de nouveaux équipements, quelques bonnes pratiques peuvent déjà faire des miracles.
Suppression intelligente : eh oui, désolé. Un fichier qui n’a pas été utilisé ni même regardé depuis plusieurs années… c’est poubelle.
Organisation millimétrée : structurez vos dossiers par projet, triez vos fichiers et supprimez les doublons. Vous y verrez plus clair et cela optimisera l’espace de stockage. Certaines applications freemium sont spécifiquement développées pour cet usage.
Archivage malin : utilisez le stockage sur bande pour les projets terminés ou rarement consultés. Cela libère de l’espace sur les serveurs actifs et consomme beaucoup moins d’énergie.
Alors, on s’y met ?